Congolese Series

TIMUNTU donne la parole aux personnalités créatives d’origine congolaise en écho aux racines des fondatrices.

Verlaine-Diane Soobroydoo créatrice de 
Maison Motema

Verlaine-Diane Soobroydoo créatrice de
Maison Motema

Le regard, intense, est souligné de noir. Le débit, rapide, contraste avec la grande sagesse des phrases prononcées par Verlaine-Diane Soobroydoo. 

Quand la fondatrice de Maison Motema, parle de l’Afrique, ce n’est pas sa tête mais son cœur qui s’exprime. Cette grande amoureuse du continent, avocate aux Nations Unies, a eu un déclic lors d’une mission au Sahel. Lancer une marque de sacs haut de gamme qui permettrait aux artisans de s’autonomiser financièrement. Les créations, aux lignes contemporaines, sont façonnées à la main dans des ateliers à Dakar. Dans cette aventure menée par l’ indo-congolaise, les frontières s’effacent pour faire triompher un rêve panafricain cher à Verlaine-Diane. Portrait 100% Kongo d’une créative pleine de convictions.

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Verlaine-Diane en 6 infos clés

Verlaine-Diane en 6 infos clés

Lieu de naissance
Paris

Profession
Aujourd’hui, chef d’entreprise et fondatrice de Maison Motema. Mais j’ai longtemps travaillé dans la diplomatie, aux Nations Unies, après m’être formée en tant qu’avocate. 

L’odeur qui t’évoque le Congo
Au pays, la manière dont on se présente est très importante. Une de mes tantes portait un parfum qui m’a marquée. Pour moi, il évoque ce raffinement, cette coquetterie que tous les Congolais ont en eux. Chacun semble crier : “regarde comme je suis beau !” (rires). 

Un son propre au Congo
“Ancien combattant”, la chanson de Zao. Mon père la jouait souvent à la maison. Le message derrière cette chanson est très fort. Elle est révolutionnaire. J’ai eu la chance de rencontrer cet artiste à New York et je lui ai dit qu’il avait bercé mon enfance. Paix à son âme. 
La vue préférée au Congo
Celle que l’on a depuis la terrasse du restaurant Mami-Wata à Brazzaville. Elle donne sur le fleuve Congo et l’on aperçoit au loin Kinshasa. Ces deux villes jumelles sont tellement proches. J’aime profiter de la sérénité de Brazza tout en imaginant le brouhaha de Kin !

Ton plat congolais préféré
Le fumbwa. Enfant, c’était la nourriture que l’on me donnait quand j’étais malade, pour aller mieux. C’est devenu mon plat réconfort. J’aime la texture des légumes qui s’effilochent dans la bouche. Et l’odeur du piment rouge qui s’en dégage. Quand je retrouve mes quatre frères, c’est désormais le plat que je leur prépare.

Premier souvenir du Congo

Premier souvenir du Congo

Il est imaginaire. J’avais 16 ans quand j’ai découvert le Congo. Mais mon coeur et mon esprit habitaient déjà le pays. Je m’en étais construite une image très précise. Et j’étais persuadée que toute ma famille serait présente pour m'accueillir à mon arrivée (rires). Le premier vrai souvenir est le constat de l’héritage laissé par mon grand-père : aussi bien matériel que culturel. Et la découverte de mes cousines qui me ressemblent tellement physiquement ! C'était très fort d'observer ça.  

Dernier voyage au pays
2025. J’y vais assez fréquemment. 

Un objet fétiche lié à tes racines congolaises

Un objet fétiche lié à tes racines congolaises

Quand j’étais plus jeune, mon père - avec lequel j’ai une très belle relation - m’offra une statuette de la reine Nzinga. Elle régna sur le royaume Kongo et s’opposa militairement aux colons. Je l’ai conservée et l’ai toujours emmenée avec moi dans mes voyages. Cette statuette m’ancre et me rappelle que, quel que soit l’endroit où je me trouve, je suis chez moi.

Ton rapport au Congo

Ton rapport au Congo

Ce pays est mon baobab. La racine depuis laquelle tout part. Je ne me suis jamais considérée comme métisse. J’ai toujours été ancrée dans l’identité congolaise. Mais je me définis aussi comme une africaine ! Dans le cadre de mes fonctions aux Nations Unies, j’ai beaucoup sillonné le continent. Je suis persuadée qu’il avancera quand chacun comprendra que nous sommes embarqués dans une aventure commune. De notre union, dépend le triomphe de l’Afrique.

Une valeur Kongo transmise par tes parents
Elle est résumée par une phrase que me répétait souvent mon père : “celui qui plante une graine n’espère pas s’asseoir sous l’arbre”. Tout ce que nous faisons doit être pour la communauté et les générations futures. 

C’est  une valeur ancrée dans mon cœur et avec laquelle je mène Maison Motema. Je défends l’autonomisation économique de mes artisans. Je les paie 200% de plus que le prix du marché. Recevoir un bon salaire pour un travail minutieusement réalisé est une question de dignité. 

L’influence du Congo dans ton travail

L’influence du Congo dans ton travail

 Les Congolais sont des esthètes. Il est naturel pour moi de créer de belles pièces, qui montrent l’excellence d’un savoir-faire tout en étant fonctionnelles. 

Ce qu’il y a de plus congolais chez toi
Tout ! La manière dont je vois le monde. Les Congolais ont foi en lui, en la vie, même dans les moments les plus durs. Je me sens indestructible. Tout ira bien. Tokende  ! (On avance).

Ton mot congolais préféré

Ton mot congolais préféré

Quand j’étais enfant, j’aimais me promener partout. Mon père me rappelait à l’ordre en me tirant les oreilles et en disant "ngue makutu (les oreilles)".
Aujourd’hui, quand j’ai le sentiment de me perdre, je me dis d'écouter “mon oreille”, ma pensée intérieure, pour savoir comment avancer. Et surtout, pour me retrouver. 

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